Affaire du financement des campagnes du FN : dossier du Parisien

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Le journal Le Parisien a publié ce matin un dossier sur l’affaire du financement des campagnes électorales du Front National impliquant Frédéric Chatillon et sa société Riwal.

Ce dossier est constitué de cinq articles :

Un procès en correctionnelle, des enquêtes judiciaires en cours… Le parti d’extrême droite, chantre de l’exemplarité et de la probité, est pourtant rattrapé par les affaires.Un procès en correctionnelle, des enquêtes judiciaires en cours… Le parti d’extrême droite, chantre de l’exemplarité et de la probité, est pourtant rattrapé par les affaires.

Surfacturations. Fausses factures. Emplois fictifs. Escroqueries. Comme d’autres partis avant lui, le Front national doit désormais se familiariser avec le vocabulaire du soupçon et des prétoires. Le financement de toutes les campagnes électorales du parti depuis 2012, soit depuis l’accession de Marine Le Pen à sa présidence, est entre les mains de la justice. La première enquête, celle des comptes de la présidentielle et des législatives de 2012, est bouclée. Et, même si sa chef n’est pas poursuivie, le parti en tant que tel est mis en cause. Des magistrats du pôle financier — les mêmes qui enquêtent par exemple sur le scandale Bygmalion ou l’arbitrage controversé de l’affaire Tapie — plongés dans les comptes du parti d’extrême droite, voilà qui fait mauvais genre pour une formation qui se targue d’être exemplaire. Sans parler de l’enquête préliminaire ouverte sur le patrimoine de Jean-Marie Le Pen, mais aussi, à la marge, de sa fille, par le parquet national financier, après des soupçons de sous-évaluation de patrimoine !

Les magistrats ont déjà mis en examen six personnes dans ce dossier, dont le vice-président du FN Jean-François Jalkh, ainsi que le FN, une entreprise proche du parti, Riwal, et le microparti Jeanne, considéré comme celui de Marine Le Pen.

montage riwal




L’enquête source porte sur les élections présidentielle et législatives de 2012. Au terme de leurs investigations, les juges Renaud Van Ruymbeke et Aude Buresi ont renvoyé, le 5 octobre, le FN et plusieurs de ses dirigeants devant le tribunal correctionnel pour escroqueries et abus de biens sociaux.

Le mécanisme suspect était simple. Aussitôt investis par le parti, les candidats aux législatives n’avaient d’autre choix que d’acquérir le kit unique de campagne (affiches, tracts…) fourni « clés en main » par Jeanne, le microparti satellite du FN. Un kit élaboré par un prestataire unique, la société Riwal, dirigée par Frédéric Chatillon, un proche de Marine Le Pen (lire ci-dessous). Facturée 16 650 € — un prix qui flirte curieusement avec le plafond du montant des dépenses remboursé par l’Etat aux candidats qui font plus de 5 % au premier tour —, l’acquisition de ce kit était financée par le prêt d’un montant équivalent accordé par Jeanne (voir infographie). Un prêt « fictif », taclent les magistrats. Du côté de la défense, on estime que cette situation découlait « de l’impossibilité qu’avait le FN d’obtenir des prêts bancaires ». D’où la nécessité de trouver un dispositif pour « rationaliser et contrôler » les coûts et le contenu de la campagne.

Outre Frédéric Chatillon (et sa compagne), cinq personnes se retrouveront sur les bancs du tribunal. Parmi elles, Jean-François Jalkh, vice-président du parti et député européen, en sa qualité de secrétaire général de Jeanne, et Wallerand de Saint Just, le trésorier du FN. Le parti en tant que tel sera jugé pour recel d’abus de biens sociaux et complicité d’escroqueries. « Le Front national était bien le commanditaire de l’ensemble des opérations dont il tirait des avantages conséquents », assènent les juges d’instruction. En revanche, Marine Le Pen a bénéficié d’un non-lieu.

La campagne des régionales de 2015 n’échappe pas non plus à la justice. Comme l’a révélé « le Monde », une enquête préliminaire a été ouverte le mois dernier à Paris. Elle porte sur une société créée par Axel Loustau pour contourner l’interdiction faite à Riwal de travailler avec le FN. Cofondateur de Riwal et trésorier de Jeanne (ce qui lui vaut un renvoi dans l’affaire initiale), le chef d’entreprise s’est lié avec Frédéric Chatillon au GUD (Groupe Union Défense, un groupuscule étudiant radical d’extrême droite) dans les années 1990. Par l’intermédiaire de sa société, le conseiller régional FN est soupçonné d’avoir surfacturé les prestations fournies au FN.

Lire le dossier complet du Parisien.

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