Strip-tease chez les nationalistes flamands

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En 2016, ils tiennent le bar “La citadelle” à Lille. En 2009, les caméras de Strip-tease avaient suivis les nationalistes flamands français.

Un sujet présenté ainsi : “parmi les Belges parlant flamand, il y a des nationalistes d’extrême droite, xénophobes et racistes. Mais qui sait qu’en France aussi on se réclame du lion de Flandre ? Et que certains de ces Flamands de France paient de leur personne devant les tribunaux ? Évidemment, si le militant nationaliste trouve que la seule manière d’avancer c’est de faire comme les Corses et d’avoir recours à des méthodes « explosives », ça fait désordre. Pourtant, le tribunal aurait pu lui accorder des circonstances atténuantes : il traite bien les Français de « gaucho-sodomites », mais lui-même, il ne parle même pas flamand…”
«Crève, France !» réalisé par ­Aline Morcillo, est particulièrement croustillant et fidèle à l’image de marque de l’émission puisqu’il colle aux basques d’un groupe de Français nationalistes habitants dans le Nord-Pas-de-Calais, mais qui se veulent avant tout flamands. Et qui mènent donc des actions de rébellion dès que l’on touche à leur patrimoine. L’un d’eux s’est même retrouvé au tribunal pour avoir menacé de mort un édile après qu’un collège, autrefois appelé Michel-de-Swaen, en souvenir du poète et dramaturge flamand, a été rebaptisé collège Lucie-Aubrac, en mémoire de la résistante.

Une authenticité qui fait toute la différence. Ces Flamands de France se rendent donc régulièrement chez leurs « frères d’en face », de l’autre côté de la frontière belge, mais se heurtent à quelques difficultés. La raison ? Ils ne parlent pratiquement pas un mot de flamand… Un comble. « Les gens pensent que les gens du Nord et les Belges en prennent à chaque fois pour leur grade, mais c’est faux, se défend Jean Libon. Nos sujets sont tournés un peu partout en France et ailleurs, chez les pauvres ou les riches. Le seul créneau qui ne nous intéresse pas, c’est les people, car ils ont toujours quelque chose à vendre en terme de promotion, et cela ruine automatiquement l’authenticité de la relation et des situations filmées. » Une authenticité qui fait ici toute la différence entre télé-réalité et télévision du réel.

Un sujet présenté ainsi : « parmi les Belges parlant flamand, il y a des nationalistes d’extrême droite, xénophobes et racistes. Mais qui sait qu’en France aussi on se réclame du lion de Flandre ? Et que certains de ces Flamands de France paient de leur personne devant les tribunaux ? Évidemment, si le militant nationaliste trouve que la seule manière d’avancer c’est de faire comme les Corses et d’avoir recours à des méthodes « explosives », ça fait désordre. Pourtant, le tribunal aurait pu lui accorder des circonstances atténuantes : il traite bien les Français de « gaucho-sodomites », mais lui-;même, il ne parle même pas flamand… »

« Si on n’a plus le droit de tuer un monsieur qui fout en l’air nos noms flamands, notre patrimoine flamand, où allons- nous ! On n’a plus le droit de se défendre ? »…

Ils sont trois Pieds-Nickelés de Dunkerque. Trois nationalistes flamands français sur le retour, prêts à tout pour affirmer leur langue — qu’ils ne parlent pas — et leurs convictions. L’un des trois, le meneur, la grande gueule, la tête — chauve — plus près du bonnet que pensante, est tout fier d’être passé à l’acte : une lettre de menace de mort au principal d’un collège de Dunkerque, coupable à ses yeux de vouloir débaptiser son établissement pour lui donner le nom de Lucie Aubrac…

Le site de la réalisatrice.

Reportage des Inrocks à la citadelle, le bar d’extrême droite identitaire lillois.

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